La communauté juive

Par : Raymond WEILL, Francine WOLFF et Jacques BLOCH

A Bouzonville, la communauté juive est constituée à la fin du XVIIe ou au début du XVIIIe siècle, et maintenue par l’édit de Léopold de 1721.

Le recensement de 1705, comprend un Lyon BLEU (BLOCH), établi à Bouzonville depuis 1689.

Lors du recensement de 1717, on note la présence de Lion, Michel et Mayer BLOCH. Lion BLOCH est l’ancêtre de la plupart des BLOCH de Bouzonville et environs jusqu’à Sarrelouis.

En 1726, les sept chefs de famille juifs de Bouzonville et Freistroff obtiennent par bail du prévôt ducal, du receveur municipal et d’un procureur-syndic, la location d’un terrain (sur la côte d’Alzing) devant servir de cimetière. Ils s’engagent, outre le paiement du loyer annuel, à verser une taxe de 10 francs pour « inhumation de chaque corps étranger à la communauté ».

Deux de ces chefs de famille, Michel PLOCK et Maire PLOG (Michel et Mayer BLOCH) signent en français, ce qui est rare à l’époque, et témoigne d’une certaine adaptation à la culture française.

La communauté se développe tout au long des XVIIIe et XIXe siècle, une communauté jumelle s’établissant dans le village voisin de Vaudreching.

Une synagogue commune à Bouzonville et Vaudreching fut construite au début du XIXe siècle et restaurée entièrement en 1907. Elle fut inaugurée en grande pompe. Elle a entièrement été détruite par les Allemands en 1940. La synagogue actuelle a été reconstruite sur le même emplacement que l’ancienne et inaugurée le 13 novembre 1960.

Avant la deuxième guerre mondiale, il y avait 40 à 50 familles juives. Leurs activités principales étaient le commerce de bestiaux et des grains, sans oublier plusieurs boucheries rituelles, mais aussi magasins de tissus et vêtements, bureau de tabac, droguerie.

La communauté était alors très traditionaliste. Cependant, les parents avaient pris l’habitude d’envoyer leurs enfants à l’école catholique des soeurs de la Providence.

Les habitants de Bouzonville, y compris bien sûr les juifs, ont été évacués dès la déclaration de guerre en 1939 à Chauvigny, dans la Vienne.

Au printemps 1944, 14 familles juives ont eu la chance d’échapper à une rafle de la milice grâce à trois courageux habitants de Chauvigny dont le maire, Jacques TOULAT et deux gendarmes, Camille THIBAULT et Alain BONNEAU ; ils seront d’ailleurs nommés « Justes parmi les Nations » (Yad Vashem).

Une vingtaine de personnes furent victimes des nazis et périrent dans les camps. A noter le cas extraordinaire de Charles KRAMEISEN seul rescapé après avoir été jeté dans un puits avec de nombreux autres juifs dont sa femme Marthe à Guerry (18) près de Saint-Amand-Montrond.

Après la guerre, le déclin de la communauté juive s’est opéré assez rapidement, compte tenu du décès des plus âgés et du fait que la jeune génération s’est déplacée vers des villes plus importantes.